L’infographie montre que ces dépenses ont augmenté de 28 % en 2022 par rapport à 2021, et que le nombre de lobbyistes accrédités auprès du Parlement européen a augmenté de 30 %, passant de 42 à 56. Le nombre de réunions déclarées entre les représentants de l'industrie du tabac et les fonctionnaires de la Commission a lui aussi augmenté.
« Les montants déclarés dans le registre de transparence ne sont que la partie émergée de l'iceberg. Le Big Tobacco est en train de gagner du terrain dans l'UE puisqu'il a réussi à retarder la révision de tous les dossiers clés de la lutte antitabac ». A déclaré Lilia Olefir, Directrice générale de Smoke Free Partnership.
Aujourd’hui, l’UE reste à la traine sur un certain nombre de questions, notamment la réglementation de la publicité, l’émergence de nouveaux produits et les comportements addictifs provoqués chez les jeunes.
En 2021, l'UE a lancé le plan "Europe’s Beating Cancer Plan" avec l'objectif ambitieux d’une génération sans tabac en Europe d'ici 2040, en s'efforçant d'atteindre un taux de tabagisme inférieur à 5 %. Cependant, la révision et l'adoption de nombreuses mesures de lutte antitabac ont tout bonnement disparu des agendas, discrètement, sans aucune justification.
Mieux lutter contre la toute-puissance du « Big Tobacco »
La Fondation contre le Cancer, ensemble avec Smoke Free Partnership(SFP) et l’ENSP (European Network for Smoking an Tobacco Prevention) , demandent l’adoption immédiate de mesures visant à accroitre la transparence, conformément aux recommandations de la Médiatrice européenne : Obliger les commissaires et les hauts fonctionnaires à publier en ligne toutes leurs réunions et rendre obligatoire l’inscription des réunions au registre de transparence de l’UE.
En vertu d’un traité mondial, la Convention Cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT - FCTC), la Commission se doit de protéger les politiques de santé publique de toute ingérence commerciale. Dans la pratique, cela signifie bloquer les lobbyistes de l’industrie du tabac qui s’impliquent dans la politique antitabac. Pourtant, même si l’une des principales raisons de l’éviction de Dalli était la rencontre avec l’industrie, le code de conduite des commissaires ne mentionne toujours pas spécifiquement le lobbying en faveur du tabac et les règles concernant les contacts avec l’industrie varient en fonction des directions générales (seule la DG santé adopte une approche beaucoup plus restrictive). Par conséquent, l’industrie du tabac est toujours en mesure de peser sur des questions telles que l’emballage, les taxes, et les recommandations en matière d’espaces sans tabac.